Au menu de cette 3e RLD programmée le 27 mai, une virée de 57 bornes en jouant à saute-VTT  par-delà  la frontière belgo-allemande avec une escale à MONTJOIE ou MONSCHAU (selon que vous soyez d’un côté ou de l’autre de celle-ci) pour casser la croûte après 33 km.

Et, pour entretenir le suspense, notre duo de guides (« Arnaud Bio » et « Grand Hugues ») annonçait une SURPRISE (« eine angenehme Überraschung « !) d’un km 700… Bigre ! On allait voir ce qu’on allait voir…

Ce fut en effet une surprise de (belle)taille que la rencontre incongrue avec les vestiges de la ligne Siegfried et ses fameuses  dents de dragon.  Celles-ci méritent bien une petite parenthèse historique… Erigés dans les années 1938/39 et adaptés à la topographie du paysage, ces obstacles en béton armé devaient empêcher le passage de véhicules et de chars en progression. Si, après la fin de la guerre, la plupart des bunkers ont été dynamités, ces dents de dragon sont encore bien visibles à 90 pourcents.

Classées aujourd’hui  « monument historique », elles sont devenues avec le temps un lieu de refuge pour beaucoup de plantes et d’animaux rares.

On a vu et certains, pas très à l’aise, ont très modérément apprécié…. Rouler sur un muret en béton large à peine d’une cinquantaine de centimètres et suspendu à certains endroits à un mètre du sol avec des virages à angle droit, voilà un exercice qui s’apparentait plutôt à de haute voltige. Pas vraiment l’endroit recommandé non plus pour y amener des « dinosaures » ! Encore heureux que nos deux dames n’étaient pas là ; sinon on les aurait entendues pester l’une et l’autre.

Retour au point de départ avec notre envol  à 09 heures précises du relais du Königsberg,  un chouette endroit… à l’orée de la forêt… quelque part entre Aachen et Monschau.

Si nous avons bien décollé à quatorze et au sec, c’est à douze, trempés et crottés… que nous avons atterri sur le coup de 14 heures. Eh oui ! Personne, en démarrant, n’avait imaginé qu’on allait vivre une matinée arrosée et mouvementée à ce point.

D’abord, c’est le blocage RAT « made in Germany » du Focus (« Faux cul, va ! ») flambant neuf de votre serviteur qui allait immobiliser notre petit peloton à la sortie du premier secteur bétonné.  Roue arrière desserrée…  et pas moyen de lui  imprimer le « quart de tour » à ce p… de blocage et, ce, malgré les efforts d’un trio de  mécanos appelés à la rescousse. « Merci, les gars ! »

Dix grosses minutes de perdue en rase campagne ! Entre-temps et comme c’était prévu, Hubert qui était attendu à une fête familiale, avait pris la tangente pour rentrer dans les délais.

Un arrêt prolongé qui allait avoir des conséquences fâcheuses ! Alors qu’on allait plonger dans l’étroite vallée de la Roer, on fut cueilli par une averse aussi soudaine qu’inattendue qui refroidit les ardeurs des uns et des autres et qui obligea notre guide attentionné à  mettre le cap au plus vite sur Montschau… On allait gommer une bosse et… une descente jugée trop dangereuse !

Le pire allait encore venir… A peine étions-nous arrivés sur la petite placette le long de la rivière qu’il se mit à tomber des cordes. C’est comme des naufragés, serrés les uns contre les autres, sous un auvent protecteur qu’on laissera passer le déluge… Juste le temps d’avaler vite fait bien fait un casse-croûte frugal que c’était déjà reparti… sur des bécanes comme neuves… dans les ruelles sinueuses et pavées de la vieille ville.

Du moins le croyait-on !  Après 500 mètres, on se rend compte que VDB manque à l’appel….  On délègue une estafette pour aller à sa rencontre… En vain ! Pas de réponse non plus au message que lui envoie André…  Le mystère reste entier : notre VDB, aux abonnés absent, a disparu des radars !

Collégialement, on prend la décision de repartir… d’autant plus que le temps a fraîchi… « A défaut d’être motorisé, il a un GPS et il sait s’en servir… Il devrait pouvoir rentrer sans dommage et à bon port en se servant du réseau de ravel qui quadrille la région. ».

RAS pour les 23 kilomètres qu’il restait à se mettre sous les dents… Ca roule, ça enroule et ça déroule… sur un terrain tantôt sec tantôt gorgé d’eau selon les endroits.

A l’arrivée, les GPS affichaient 56, 33 km pour un dénivelé avoisinant les 900 mètres !  Des nouvelles enfin du disparu ! Ayant raté le train en marche, il avait choisi, plutôt que de s’aventurer en terrain inconnu, de jouer la sécurité et de rejoindre Jalhay.

Pour finir, quelques mots quand même sur le tracé que nous avaient concoctés, après plusieurs reconnaissances sur le terrain (La veille encore et au sec cette fois !) notre duo de « faux frères ».  Rien à (re)dire… avec un bon mix de chemins roulants et de somptueux singles… sur ce territoire frontalier mal connu qui se prête à merveille pour la pratique du VTT.

Et puis ces dents de dragon et cette foutue enceinte bétonnée, outre leur intérêt historico-touristique, il fallait les trouver et… surtout oser s’aventurer dessus… sans dérailler et sans se casser les dents.

Merci à tous les deux !

JH alias Siegfried